Chers concitoyens de l’Union Européenne,

Depuis hier pour certains, et jusqu’à dimanche soir 7 juin, vous êtes appelés aux urnes pour élire vos représentants au Parlement européen. A la veille de la clôture de la campagne en France, je souhaite ajouter un dernier mot sur ce blog, créé simultanément à mon entrée en campagne, et qui, au lendemain du scrutin, continuera à être alimenté pour tenir notamment la chronique des activités de nos députés élus, la chronique de l’Europe en marche.

A l’heure du bilan, une évidence s’impose à moi : alors que nous, les militants du Mouvement Démocrate, sommes au travail depuis l’automne dernier pour élaborer notre programme pour la prochaine mandature, sommes sur le terrain depuis de longues semaines, et dès le 16 mars à Cognac pour célébrer le 30e anniversaire de la mort de Jean Monnet, la campagne a réellement démarré dans les médias il y a quelques jours seulement.

Les journalistes qui ont fini par s’intéresser à ce scrutin, bien tardivement au prétexte que les élections européennes n’intéressaient pas leurs lecteurs-auditeurs-téléspectacteurs, ont rarement fait l’économie, dans les interviews consenties aux candidats, d’une question sur le fort taux d’abstention attendu.

A force de retarder le début de la campagne dans les médias, à force de marteler aux électeurs qu’ils seraient nombreux à ne pas aller voter, n’a-t-on pas contribué à cette désaffection ? N’a-t-on pas encouragé l’abstentionnisme ? N’a-t-on pas privé les citoyens d’un vrai débat ?

Plutôt que de mettre en avant un taux d’abstention qu’on disait d’avance exceptionnel, on pouvait aborder davantage les questions de fond, les programmes et les convictions européennes des candidats. On pouvait dresser le portrait de cette Europe dont chacun sait bien, au fond, qu’elle nous entoure au quotidien, et dont nous sommes désormais citoyens à part entière, n’en déplaise aux souverainistes qui voudraient nous faire croire qu’un avenir est possible hors du monde et hors de cette Europe qui nous est chère, à nous, au Mouvement Démocrate.

Aussi à la veille du scrutin, je vous invite à aller voter, à vous saisir de cette chance qui est la nôtre d’user de ce droit de vote pour une élection qui concerne simultanément 380 millions de citoyens, pour imprimer à l’Europe le visage qui est le vôtre. Notre programme est en ligne : jugez par vous-mêmes de nos convictions et de notre engagement pour l’Europe, notre avenir !

Soyez sûrs que votre vote aura du poids, car vous pouvez choisir d’envoyer au Parlement européen les députés en qui vous faites confiance, et qui porteront dès le 8 juin les valeurs qui sont les vôtres. Refusez d’être enfermés dans un abstentionnisme qui sape profondément les fondements de la démocratie. Soyez exemplaires : tant de citoyens du monde n’ont pas cette chance !

En conclusion, j’ajoute qu’en conformité avec l’article L.49 du Code électoral,qui dispose qu’« à partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est interdit de diffuser ou de faire diffuser par tout moyen de communication au public par voie électronique tout message ayant le caractère de propagande électorale », ce site sera fermé jusqu’au 7 juin à minuit. N’oubliez pas d’aller voter dimanche : notre bulletin est orange !

Et une dernière image :

A Poitiers, le 1er juin 2009, de g. à dr. : Anne Le Helley, Sylvie Goulard, Anne Péan, François Bayrou et Elisabeth Delorme

A Poitiers, le 1er juin 2009, de g. à dr. : Anne Le Helley, Sylvie Goulard, Anne Péan, François Bayrou et Elisabeth Delorme

De la confiance

4 juin 2009

Les récentes provocations du gouvernement au sujet de l’autorisation de la fouille des élèves par les enseignants à l’école font du bruit. Elles ont été conçues pour ça, peut-être pour détourner encore un peu plus les électeurs du scrutin du 7 juin.

Mais sur le fond, elles sont inquiétantes. Pire, désespérantes.

Même s’il ne s’agissait que de chiffons rouges pour détourner les esprits des questions de fond dont il est urgent de débattre à quelques jours des élections européennes, ces propositions révèlent une conception désastreuse de la société et des rapports humains. Elles mettent en lumière une appréhension de la relation “maître - élève” (ou, pour faire moins désuet, “enseignant - apprenant”) basée sur un rapport de force que seule peut encadrer une surveillance musclée. On voudrait nous faire croire que nos enfants étudieront dans de meilleures conditions lorsque leur sécurité, priorité des priorités, sera assurée par un encadrement plus soucieux d’ordre, peut-être, que de pédagogie.

Plus encore que le procédé fallacieux, auquel l’exécutif ne cesse d’avoir recours, qui consiste à monter en épingle des faits divers dramatiques pour en tirer le prétexte de dispositions réglementaires, ce qui me choque dans cette affaire est la transformation profonde, déjà à l’oeuvre, de la nature des liens sociaux, en l’occurence des liens au sein de l’école. La surveillance, le contrôle, l’encadrement strict sont appelés à supplanter une relation basée sur la confiance mutuelle : celle de l’enfant à l’enseignant, indispensable pour permettre à l’élève d’apprendre car comment pourrait-il recevoir un savoir d’une personne en qui il n’a pas confiance ? ; celle de l’enseignant à l’élève car la confiance est indispensable dans l’apprentissage de l’autonomie vers lequel tend l’enseignement.

Je réfute ce modèle de société qu’on veut nous imposer, basé sur des relations de force* plutôt que sur la confiance. Je réfute cette vision de l’enseignant instrumentalisé pour contrôler plutôt que pour accompagner l’élève sur la voie de l’indépendance acquise par l’apprentissage et la conquête de l’esprit critique.

Heureusement, heureusement, je fais confiance à la grande majorité des enseignants qui puisent chaque jour l’envie de transmettre dans cette relation intangible, encore basée sur la confiance, qu’ils savent tisser avec leurs élèves. L’avenir de notre société est en jeu dans la qualité de notre enseignement. A tous les enseignants, je dis : continuez à former des esprits critiques, nous en avons plus besoin que jamais.

* et qui conduit à des absurdités, telles que l’arrestation d’enfants de moins de dix ans…

Lundi 1er juin, François Bayrou est venu à Poitiers apporter son soutien à Sylvie Goulard, notre tête de liste aux élections européennes. Nous étions quatre autres candidats de la liste présents autour d’eux, Bruno Joncour, Elisabeth Delorme, Anne Le Helley et moi-même.

Les deux quotidiens de la Vienne s’en sont fait l’écho mardi 2 juin, et bien que Centre Presse ait fait la part belle aux deux députées sortantes en leur accordant la une et une interview croisée en page 3, la venue de François Bayrou et de cinq candidats a été traitée.

Que dire cependant de la façon dont France 3 a rendu compte de cet événement ? Le journal du soir ne l’évoque qu’en quelques images seulement. Pourtant la journaliste venue interviewer François Bayrou l’avait enregistré pendant de longues minutes, le petit film mis en ligne sur le site du MoDem de la Vienne en montre une partie.

Le temps de parole et de présence à l’antenne du Mouvement Démocrate était-il écoulé, qui justifierait ce traitement a minima ?

En attendant, heureusement, d’autres approches du message politique peuvent être mises en lignes, comme le fait Scopitone 86, ou comme l’a fait un blogueur indépendant, venu interviewer Sylvie Goulard lors de sa venue à POitiers le 29 mai.

On reproche aux partis politiques de ne pas avoir de programme. Encore faut-il donner aux candidats l’occasion de parler du fond. Merci à ceux qui le font, avec leurs moyens !

L’association des professeurs d’archéologie et d’histoire de l’art à l’Université (APAHAU) lance, conjointement avec des universitaires européens, un “appel de Florence“, pour alerter les futurs députés européens sur les risques qui pèsent sur l’enseignement de l’histoire de l’art en Europe.

Cet appel de Florence a été rédigé lors d’un colloque sur la didactique de l’histoire de l’art en France et en Italie organisé par le Haut Conseil à l’ Education artistique et Culturelle et le SUM de Florence.
“Alors que l’enseignement de l’histoire de l’art est partiellement menacé en Italie, que ses modalités en Allemagne sont remises en cause, qu’en France est créé un enseignement d’histoire des arts qui comporte des ambiguïtés, cet appel vise à sensibiliser les élites politiques, intellectuelles et culturelles, l’opinion publique, sur l’importance d’un enseignement d’histoire de l’art de l’école au lycée pour la formation des futurs citoyens européens et de ceux qui vivent en Europe, pour la continuité d’une grande culture, humaniste et ouverte vers l’avenir et l’échange.”

Une pétition est ouverte. Je l’ai signée, convaincue de l’urgence d’agir, comme je l’ai mis en évidence dans un précédent billet. Et Sylvie Goulard, notre tête de liste MoDem aux élections européennes,  le souligne elle aussi dans sa chronique du 3 juin :  “Les grandes œuvres d’art n’appartiennent pas à l’élite. Les plus pauvres sont peut-être ceux qui en ont le plus besoin. Plus encore que les autres, les enfants défavorisés doivent en entendre parler à l’école car ce n’est pas à la maison qu’ils auront une chance de les découvrir.”

La culture n’est pas un produit à valeur ajoutée, que seuls ceux qui en ont les moyens pourraient s’offrir. La culture n’est pas qu’un supplément d’âme. Sans enseignement de l’histoire de l’art en France et en Europe, nos enfants

L’enlisement du conflit dans les universités françaises révèle plus qu’un malaise, une crise sociétale. Beaucoup d’articles ont été écrits sur le sujet, bien meilleurs, plus fouillés et plus argumentés que je ne saurais le faire.

Une récente tribune de Marie-Jean Sauret, dans l\’Humanité du 11 mai, résonne avec les inquiétudes profondes que je nourris sur l’enseignement universitaire en France, et sur celui de l’histoire de l’art en particulier. Je partage avec l’auteur l’amer constat que l’enseignement universitaire est en grave danger, que l’économie néolibérale veut “réduire le savoir à des connaissances monnayables”, et que nous nous préparons à voir se “faire le ménage parmi les disciplines et les théories dérisoires, inutiles… voire pernicieuses…”

Parmi ces dernières, l’histoire de l’art, menacée plus qu’on ne pourrait l’imaginer. Dans la liste établie par l\’Agence d\’évaluation de la recherche et de l\’enseignement supérieur pour juger de la qualité des contributions des enseignants-chercheurs, dans les sciences humaines, on cherche vainement des revues d’histoire de l’art ! Quelques rares titres, aucune revue française…

Qu’est-ce à dire ? Qu’aucune revue d’histoire de l’art, en France, n’est d’un niveau suffisant pour figurer dans la liste, pas même en catégorie C ? Serait-ce plutôt que ceux qui ont établi cette liste ignorent tout de cette discipline, jusqu’à méconnaître les revues, et il y en a, pourtant, dans lesquelles publient les enseignants-chercheurs en histoire de l’art, et quelques conservateurs et autres spécialistes ?

Il me semble que la question est beaucoup plus sournoise. Ce n’est pas un oubli, pas une simple méconnaissance du domaine. L’histoire de l’art est perçue par ceux qui veulent “rationaliser” l’enseignement supérieur, et qui s’y attèlent sous couvert de meilleure évaluation des enseignants-chercheurs, comme une discipline inutile. D’ailleurs, il n’existe même pas de CAPES d’histoire de l’art, et si l’histoire des arts est devenue obligatoire au collège depuis la rentrée de septembre 2008, son enseignement est confié, à horaires constants, aux professeurs de français, d’histoire, d’arts plastiques, de musique…

Ceux qui ont “oublié” les revues d’histoire de l’art dans la liste de l’AERES appartiennent à cette catégorie de gens qui pensent que l’art n’est qu’un supplément d’âme, au mieux, et que l’Etat n’a pas à financer la Culture. L’art ne serait au mieux qu’un raffinement que pourraient s’offrir ceux qui en ont les moyens. Les crédits alloués par l’Etat aux musées français, depuis plusieurs années, n’ont cessé de baisser, réduits à bien peu de choses. Il ne sert donc à rien d’enseigner l’histoire de l’art à l’Université.

La perversité de ce classement de l’AERES doit être mesurée sur quelques années. Dans dix ans voire plus tôt, lorsque d’autres gestionnaires - ou ceux qui sévissent déjà - feront le bilan des contributions des enseignants-chercheurs en histoire de l’art, ils s’apercevront que ces derniers ne publient rien, en tout cas rien dans les revues reconnues. Ils auront alors toute latitude pour faire disparaître l’enseignement de l’histoire de l’art des universités françaises, en n’ouvrant plus de postes, car ce seront des postes qui ne pourront plus être évalués, qui seront donc gênants, et inutiles…

J’appartiens peut-être à une espèce en voie de disparition, celle des étudiants formés à l’Ecole du Louvre et à l’Université en “histoire de l’art et archéologie”. Il ne m’a pas semblé que mes études supérieures avaient moindre valeur que d’autres. D’ailleurs elles m’ont permis de réussir un concours de haut niveau, celui de conservateur du patrimoine. Mais que valent les concours ? Mais formera-t-on encore demain des conservateurs ? Pas sûr, si la culture ne relève plus que du supplément d’âme et du jardin secret que seuls peuvent cultiver ceux qui en ont les moyens…

Le centre de culture européenne de Saint-Jean-d’Angély fête ses 20 ans, un événement à saluer, et un programme remarquable. Notons d’abord la présence d’Elisabeth Delorme-Blaizot, conseillère régionale de Poitou-Charentes et candidate sur la liste MoDem aux européennes de la région Ouest, autour de la table ronde du samedi 16 mai à 10 h. Notons aussi celle de Sylvie Goulard, tête de liste MoDem et tête d’affiche le dimanche 17 mai, de 10h30 à 12h30, invitée à débattre avec Jean-Marie Cavada, candidat sur la liste UMP-Nouveau Centre de la région Ile-de-France.

Ce que le site Internet du CCE n’indique pas, c’est que Sylvie Goulard aurait dû débattre avec Michel Barnier, tête de liste UMP-Nouveau Centre pour la région Ile-de-France. M. Barnier est empêché, comme le révélait Sud-Ouest ce jour. C’est comme ça, il peut avoir comme tout le monde un engorgement de calendrier, ça arrive. 

Mais l’UMP et ses alliés du Nouveau Centre ne manquent pas d’humour, ou d’aplomb, c’est selon, en choisissant d’envoyer débattre avec Sylvie Goulard celui qui, en 2004, s’est fait élire au Parlement européen sous les couleurs du parti mené par François Bayrou et qui, quelques temps plus tard, a changé de capitaine. Certes, si, plutôt que de mandater Jean-Marie Cavada, ils avaient requis Rachida Dati, ils auraient exposé cette dernière à une dédicace en live de “L’Europe pour les nuls” par son auteur, ce qui n’aurait pas été très délicat pour la numéro 2 sur la liste. Il fallait donc opposer à Sylvie Goulard le numéro 3.

Ledit numéro 3 devrait peut-être lire avant dimanche la 4e chronique européenne du large écrite par Sylvie Goulard le 10 mai, et intitulée “Valeurs du foot et de la politique”. Il y apprendra quelles sont les valeurs du sport : “Jamais tu ne joueras contre ton capitaine, celui qui t’a soutenu lors de la dernière sélection, celle qui te tenait à coeur…”

Les mots de Sylvie ne s’adressaient pas à Jean-Marie Cavada, et pourtant ! J’irai dimanche assister à ce débat, je suis curieuse d’entendre ce que M. Cavada peut dire de l’Europe et de ses valeurs… La fidélité ne doit pas en être. “C’est beau, le foot. C’est pas comme la politique, parfois”. Merci Sylvie pour cette chronique d’honneur, à dimanche !

Alexis Blanc, président du Mouvement Démocrate de Charente Maritime, a réagi avec justesse et pertinence à un éditorial de Jean-Claude Guillebaud, publié dans Sud-Ouest dimanche du 26 avril 2009.

A l’éditorialiste qui affirme que “la prestation grotesque de Rachida Dati et son incompétence avérée  ne sont que les symptômes - cocasses - d’un désintérêt plus profond (…)” (voir la suite sur le site du quotidien, Edito \”L\’Europe à reculons\”), Alexis Blanc répond que “les éditos pessimites sur l’Europe continueront à avoir bonne presse tant que les faits et gestes d’Européens convaincus de coeur, de talent et d’expérience, seront aussi peu relayés… à 6 semaines de l’élection de nos représentants au Parlement européen”.

Une réponse à lire en entier (Réponse d\’Alexis Blanc à l\’édito de J.Cl. Guillebaud, 29 avril 2009, car elle met en évidence combien le manque d’intérêt des médias cache l’intensité des convictions et de l’engagement européens de certains candidats…

Une campagne pour des élections relève de ceux qui s’y engagent et qui briguent un mandat. Certes. Mais pour que les électeurs se sentent concernés, les pouvoirs publics doivent aussi s’impliquer, et orchestrer à tout le moins une campagne d’information et de sensibilisation, pour rappeler aux électeurs qu’ils ont le devoir d’aller voter, de s’emparer de leur droit de vote, d’exercer leur pouvoir de citoyens.

Qu’en est-il pour nous ? A moins de 6 semaines du scrutin, les médias et les politiques entonnent un refrain en choeur : les élections européennes n’intéressent pas les électeurs, il faut s’attendre à un taux d’abstention record. A qui la faute ?

Le Mouvement Démocrate a fait connaître ses têtes de liste début février, et publié ses listes dans leur intégralité quelques semaines plus tard. A ce jour, les listes UMP ne sont toujours pas bouclées… Nous sillonnons nos régions depuis déjà quelques semaines, et nous nous heurtons à l’indifférence des médias, au prétexte que la campagne n’intéresse pas les “gens”.

Le parti au pouvoir n’a pas intérêt à mener campagne. Le président Sarkozy sait qu’il a l’avantage d’être en place. Surtout, ne pas pousser les citoyens à s’emparer de ce scrutin ! D’autant que le calendrier lui est favorable : le samedi 6 juin, à la veille des élections, il va parader sur les plages du débarquement, aux côtés d’un homme exceptionnel, le président des Etats-Unis Barack Obama, et il sera sur tous les écrans à quelques heures d’aller mettre nos bulletins dans l’urne : quelle meilleure publicité pourrait-on lui faire que celle-là ?

En attendant, aucune campagne d’information n’est orchestrée par le ministère de l’Intérieur ou par le secrétariat d’Etat aux Affaires européennes, ce dernier ayant vu ses crédits baisser de 40%… Rien pour rappeler aux citoyens leurs devoirs d’électeurs. Rien pour que les Européens que nous sommes ne s’emparent de leur Europe. User du pouvoir pour détourner les électeurs d’un scrutin qui les concerne plus qu’ils ne l’imaginent.

Et les médias relaient ce désintérêt supposé des citoyens. Mais au moins, tentent-ils d’y intéresser leur lectorat, leur “auditorat”, leur public ?

Messieurs les journalistes, au moins, faites votre travail, et cessez de prétendre  que les européennes n’intéressent pas les “gens”. Les électeurs sont plus intelligents qu’on le prétend. A ce triste jeu, le scrutin pourrait nous réserver des surprises, bonnes ou mauvaises.

Pauvre Europe, pauvre démocratie, elles méritent mieux que ça !

De la violence

13 avril 2009

Le 6 avril dernier, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, dénonçait l’incitation à la violence à laquelle se livreraient tant François Bayrou que les majors du Parti socialiste. Le président du Mouvement démocrate a répondu que “les violences, d’où qu’elles viennent, sont inacceptables”. Je souscris pleinement à ses propos.

Il n’est pas question pour nous d’encourager ni même d’excuser quelque forme de violence que ce soit, bien au contraire.

Pourtant je m’interroge : n’y a-t-il pas une forme de violence dans les crises que nous traversons ? A ces crises financière, économique, sociale, démocratique que nous vivons, correspondent des situation de violence que ressent durement la population.

Ce sentiment de violence résulte de celui d’une injustice profonde et d’une incapacité à être entendu et défendu, de la crainte de ne plus parvenir à vivre, tout simplement. Quand les journaux annoncent le montant des salaires des grands patrons, en même temps que le nombre d’emplois supprimés, les salariés menacés et les chômeurs sont placés dans une situation de violence : violence d’un système qui autorise les écarts de salaire de l’ordre de 1 à 400, que les besoins fondamentaux de chacun ne justifient absolument pas.

Quand un président de la République insulte les professeurs d’université et laisse pourrir une situation difficile, avec reconduction des mouvements de grève, sans proposer de négociations pour sortir de la crise, il y a violence, car abus de position dominante de la part des gouvernants qui méprisent le nécessaire dialogue entre les parties.

Quand Alain Minc ose qualifier François Bayrou de “Le Pen light”, il y a violence car mensonge, et offense au président du Mouvement démocrate comme à tous ceux qui se reconnaissent dans son parcours et ses idées, en tout point éloignés des positions de l’extrême-droite. Violence de l’attaque politicienne qui ose les coups bas les plus durs pour réduire le débat démocratique à une guerre de petites phrases sanglantes.

Non, la violence n’est pas dans le camp du Mouvement démocrate. Nous réclamons un débat démocratique réel, loin des gesticulations politiciennes à seules visées éléctorales qui cantonnent le citoyen au rôle d’électeur qui devrait abdiquer après son vote ses convictions et sa prise de position dans la vie de la société.

Le 26 mars dernier, j’ai visité l’exposition “Filippo et Filippino Lippo - la Renaissance à Prato”, tout juste ouverte au musée du Luxembourg. Hélas !

Une fois encore, l’événement est annoncé avec cors et trompettes. Une fois encore, le musée du Luxembourg réussit un joli coup médiatique. Une fois encore, l’exposition n’est pas à la hauteur de sa communication.

Pourquoi ? Le titre semble sans équivoque : les Lippi père et fils, artistes majeurs du Quattrocento, sont à l’affiche. Or ne sont exposés que quelques tableaux du premier, deux seulement du second, et ni les uns, ni les autres, ne révèlent la plénitude du talent de ces peintres pourtant si troublants. Je conviens que la présentation simultanée d’oeuvres contemporaines, issues elles aussi de la ville de Prato, peut contribuer à mettre en lumière la valeur des Lippi. Mais fallait-il mettre en avant leur nom quand l’exposition est d’abord consacrée à Prato et au “riche patrimoine artistique de cette cité” (dixit le site Internet du musée du Luxembourg) ?

Comme pour un certain nombre d’expositions antérieures, le musée du Luxembourg surjoue : il annonce gros, il trompe son monde. Avec “Titien - le pouvoir en face”, la moitié seulement des portraits présentés était de la main du maître. Et à grand renfort de communication, le musée attire les foules.

Le budget de communication du musée du Luxembourg fait rêver, même si on ignore son montant précis. Nul doute qu’il représente dix fois, cent fois, voire des milliers de fois le budget d’expositions montées avec ingéniosité par des musées impécunieux dans bon nombre de villes en France. Est-ce raisonnable de communiquer autant, aussi chèrement, pour des événements qui passent à côté de leurs ambitions scientifiques ?

Et pourtant, l’idée était bonne, excellente même. Il était pertinent de montrer l’oeuvre des Lippi, père et fils, comme il était pertinent de révéler auparavant Arcimboldo ou Botticelli. Les ambitions sont justes, mais mal menées. De ce point de vue, les publications qui accompagnent les expositions méritent une meilleure attention, car, confiées à de bons spécialistes, elles mènent la réflexion plus loin, et portent un discours plus cohérent, plus abouti.

Je finirai cependant sur une note d’espoir : la scénographie, cette fois-ci, sert les oeuvres mieux qu’elle ne l’a fait précédemment. Les colonnades grandiloquentes et déplacées de l’exposition consacrée à Raphaël - il y a quelques années, il est vrai - ont heureusement disparu. Le ton choisi n’est pas bavard, il n’étouffe pas mais accompagne, souligne, encadre.

Messieurs les sénateurs, encore un effort : au musée du Luxembourg, donnez-nous plus de fond, soignez encore la forme, servez l’art avec intelligence et accordez vos ambitions scientifiques aux moyens financiers que vous vous donnez. Cessez de confondre exposition et communication !