Des raisons d’espérer
11 juin 2009
Les résultats du scrutin du 7 juin dernier ont retenti comme une claque : le Mouvement Démocrate n’a pas réalisé le score espéré, loin s’en faut. Comme le dit bien François Bayrou, c’est un gadin… Nous n’avons que 6 députés élus, quand nous rêvions sans doute du double.
C’est une défaite, certes, dont nous tirerons des enseignements. Je crois, comme François Bayrou, que la défaite n’est pas déroute, et que nous avons des raisons d’espérer.
Le score de la liste Europe Ecologie empiète très probablement sur l’électorat un temps séduit par nos idées, mais il montre que nos concitoyens ont compris que l’Europe constitue l’échelle indispensable pour appréhender l’avenir de la planète. C’est bon signe, même s’il est regrettable que nos convictions et notre programme, qui faisait lui aussi une large place, indispensable, aux questions environnementales, au développement durable, à la croissance verte, n’aient pas emporté la confiance des électeurs.
Nous avons 6 élus, et quels élus ! Notre tête de liste de la circonscription Ouest, Sylvie Goulard, est heureusement élue. Elle va, pendant cinq ans, porter nos idées et nos valeurs avec toute l’énergie et les compétences qu’elle a montrées pendant la campagne. Elle va tisser des liens uniques et précieux avec des personnalités de toute l’Europe, grâce notamment à sa maîtrise de trois langues étrangères, et elle saura porter des projets remarquables.
Ce blog se fera régulièrement l’écho de ce travail parlementaire, pour contribuer à ce que l’Europe devienne une évidence pour tous, et que dans cinq ans, on ne nous dise plus qu’on ne sait pas ce que font nos députés… La première session pleinière aura lieu du 14 au 16 juillet. L’UE plutôt que la fête nationale ?!!
Lettre aux électeurs réputés abstentionnistes
5 juin 2009
Chers concitoyens de l’Union Européenne,
Depuis hier pour certains, et jusqu’à dimanche soir 7 juin, vous êtes appelés aux urnes pour élire vos représentants au Parlement européen. A la veille de la clôture de la campagne en France, je souhaite ajouter un dernier mot sur ce blog, créé simultanément à mon entrée en campagne, et qui, au lendemain du scrutin, continuera à être alimenté pour tenir notamment la chronique des activités de nos députés élus, la chronique de l’Europe en marche.
A l’heure du bilan, une évidence s’impose à moi : alors que nous, les militants du Mouvement Démocrate, sommes au travail depuis l’automne dernier pour élaborer notre programme pour la prochaine mandature, sommes sur le terrain depuis de longues semaines, et dès le 16 mars à Cognac pour célébrer le 30e anniversaire de la mort de Jean Monnet, la campagne a réellement démarré dans les médias il y a quelques jours seulement.
Les journalistes qui ont fini par s’intéresser à ce scrutin, bien tardivement au prétexte que les élections européennes n’intéressaient pas leurs lecteurs-auditeurs-téléspectacteurs, ont rarement fait l’économie, dans les interviews consenties aux candidats, d’une question sur le fort taux d’abstention attendu.
A force de retarder le début de la campagne dans les médias, à force de marteler aux électeurs qu’ils seraient nombreux à ne pas aller voter, n’a-t-on pas contribué à cette désaffection ? N’a-t-on pas encouragé l’abstentionnisme ? N’a-t-on pas privé les citoyens d’un vrai débat ?
Plutôt que de mettre en avant un taux d’abstention qu’on disait d’avance exceptionnel, on pouvait aborder davantage les questions de fond, les programmes et les convictions européennes des candidats. On pouvait dresser le portrait de cette Europe dont chacun sait bien, au fond, qu’elle nous entoure au quotidien, et dont nous sommes désormais citoyens à part entière, n’en déplaise aux souverainistes qui voudraient nous faire croire qu’un avenir est possible hors du monde et hors de cette Europe qui nous est chère, à nous, au Mouvement Démocrate.
Aussi à la veille du scrutin, je vous invite à aller voter, à vous saisir de cette chance qui est la nôtre d’user de ce droit de vote pour une élection qui concerne simultanément 380 millions de citoyens, pour imprimer à l’Europe le visage qui est le vôtre. Notre programme est en ligne : jugez par vous-mêmes de nos convictions et de notre engagement pour l’Europe, notre avenir !
Soyez sûrs que votre vote aura du poids, car vous pouvez choisir d’envoyer au Parlement européen les députés en qui vous faites confiance, et qui porteront dès le 8 juin les valeurs qui sont les vôtres. Refusez d’être enfermés dans un abstentionnisme qui sape profondément les fondements de la démocratie. Soyez exemplaires : tant de citoyens du monde n’ont pas cette chance !
En conclusion, j’ajoute qu’en conformité avec l’article L.49 du Code électoral,qui dispose qu’« à partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est interdit de diffuser ou de faire diffuser par tout moyen de communication au public par voie électronique tout message ayant le caractère de propagande électorale », ce site sera fermé jusqu’au 7 juin à minuit. N’oubliez pas d’aller voter dimanche : notre bulletin est orange !
Et une dernière image :

A Poitiers, le 1er juin 2009, de g. à dr. : Anne Le Helley, Sylvie Goulard, Anne Péan, François Bayrou et Elisabeth Delorme
De l’information en période de campagne
3 juin 2009
Lundi 1er juin, François Bayrou est venu à Poitiers apporter son soutien à Sylvie Goulard, notre tête de liste aux élections européennes. Nous étions quatre autres candidats de la liste présents autour d’eux, Bruno Joncour, Elisabeth Delorme, Anne Le Helley et moi-même.
Les deux quotidiens de la Vienne s’en sont fait l’écho mardi 2 juin, et bien que Centre Presse ait fait la part belle aux deux députées sortantes en leur accordant la une et une interview croisée en page 3, la venue de François Bayrou et de cinq candidats a été traitée.
Que dire cependant de la façon dont France 3 a rendu compte de cet événement ? Le journal du soir ne l’évoque qu’en quelques images seulement. Pourtant la journaliste venue interviewer François Bayrou l’avait enregistré pendant de longues minutes, le petit film mis en ligne sur le site du MoDem de la Vienne en montre une partie.
Le temps de parole et de présence à l’antenne du Mouvement Démocrate était-il écoulé, qui justifierait ce traitement a minima ?
En attendant, heureusement, d’autres approches du message politique peuvent être mises en lignes, comme le fait Scopitone 86, ou comme l’a fait un blogueur indépendant, venu interviewer Sylvie Goulard lors de sa venue à POitiers le 29 mai.
On reproche aux partis politiques de ne pas avoir de programme. Encore faut-il donner aux candidats l’occasion de parler du fond. Merci à ceux qui le font, avec leurs moyens !
Demandez le programme !
28 mai 2009
Dans une campagne électorale, il est fréquent, lorsqu’on veut attaquer un adversaire, de prétendre qu’il n’a pas de programme. Cela arrive, car parfois, la notoriété et la longévité des forces en présence valent programme…
Depuis le mois d’octobre, les forces vives du Mouvement Démocrate, pas moins de 3500 personnes, réunies à l’invitation de Marielle de Sarnez au sein de 16 groupes thématiques, ont travaillé pour élaborer notre programme pour la mandature 2009-2014 de nos députés européens.
Le résultat est plus qu’honorable, il est remarquable. Un projet de société qui concilie l’exigence sociale, l’impératif démocratique et l’urgence écologique. Un projet d’espoir, pour que les citoyens européens vivent dans la dignité, et tendent la main aux citoyens du monde pour lesquels nous devons être exemplaires. Un projet humaniste, ambitieux, courageux.
Ne demandez plus le programme, lisez-le !
Libéral, le mot qui fait peur
8 mai 2009
Les détracteurs du Mouvement Démocrate veulent souvent effrayer les esprits en invoquant un mot qu’ils chargent d’une connotation dangereuse, le libéralisme.
Ce faisant, ils confondent volontairement libéralisme et néolibéralisme, et nous rangent dans le camp des ceux que Pierre Defraigne, dans son adresse aux jeunes citoyens européens, décrit comme “les tenants européens du néolibéralisme anglo-saxon [qui], au nom d’une conception très étroite de la compétitivité, ont cherché à utiliser l’UE pour démanteler les régulations et les solidarités nationales, y compris l’Etat-providence [et qui] ont en fait empêché que se reconstituent au niveau européen des régulations plus justes et plus efficaces que celles de nos Etats dépassés par la globalisation de l’économie”.
Le libéralisme, contre le néolibéralisme, prône la liberté d’entreprendre à l’intérieur de règles strictes et transparentes.
Il faut restaurer le sens du mot “libéral”. Lorsqu’en France, on va voir un médecin, le plus souvent c’est à un praticien libéral qu’on s’adresse. Et l’on sait, en entrant dans sa salle d’attente, combien va coûter la consultation, car la loi oblige le médecin à afficher ses tarifs, conventionnés en majorité. Or, qui a peur d’aller voir un médecin libéral ? Qui redoute d’avoir recours à un avocat, libéral aussi ? La liste des professions libérales serait trop longue à dresser, et elle ne fait pas peur.
N’ayons donc pas peur du libéralisme, qui fonctionne bien lorsqu’il édicte les règles de saine concurrence, lorsqu’il assume les nécessaires régulations et met en place les solidarités nécessaires au sein d’une société globalisée.
A ceux qui stigmatisent le libéralisme, et dévoient le sens de “libéral” dans l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe, le groupe politique auquel appartiennent les députés MoDem au Parlement européen, je dis de fuir les cabinets des médecins libéraux, trop dangereux !