Rentrée parlementaire

15 juillet 2009

Avec l’ouverture officielle des mandats de nos députés européens, siégeant hier à Strasbourg pour leur première assemblée plénière, il est temps pour moi de renouer avec ce blog !

Comme on le sait déjà, le nouveau Parlement a élu à sa présidence, à une très large majorité , Jerzy Buzek. Les députés du groupe ADLE, dans lequel siègent les élus MoDem, ont voté pour cette personnalité remarquable, membre fondateur de Solidarnozc en 1980, premier ministre de la Pologne de 1997 ) 2001. Le fait que la présidence du Parlement soit confiée à un élu d’un “nouvel Etat membre” est à saluer : avec cette élection, preuve est faite que cette appellation de “nouvel Etat membre” doit être abandonnée, il est temps de penser l’Europe comme un ensemble de 27 Etats.

Avant cette rentrée, les groupes parlementaires, remodelés au lendemain du 7 juin, ont choisi leurs présidents. Le Belge Guy Verhofstadt Guy Verhofstadt, nouveau président du groupe ADLE a pris la tête du groupe ADLE, ancien premier ministre de Belgique, et auteur notamment de “Sortir de la crise”, son dernier opus, et de “Les Etats-Unis d’Europe”. Marielle de Sarnez, qui dirige la délégation MoDem, s’est félicitée de ce choix. Dans une de ses chroniques européennes du large (n°6), Sylvie Goulard avait fait état, dès le mois de mai, des bonnes raisons de lui confier la direction de l’ADLE. “Ce que j’aime, chez Guy Verhofstadt, écrivait-elle, c’est qu’il assume totalement ses convictions, avec un grand sens des équilibres. [...] Il entend unir les Européens autour d’un projet de société libre, démocratique, préservant les identités des Etats membres mais permettant à l’Europe de s’affirmer face au monde extérieur.”

Dans cette logique dynamique et courageuse, Guy Verhofstadt a plaidé pour une Europe plus intégrée, en faisant valoir à Jerzy Buzek qu’il devait se servir de la grande majorité qui est derrière lui pour faire avancer l’Europe.

Au programme encore de cette première session plénière qui se tient du 14 au 16 juillet à Strasbourg, la formation des commissions dans lesquelles siégeront les députés. A bientôt pour plus de détails sur les commissions de notre députée préférée…

Les résultats du scrutin du 7 juin dernier ont retenti comme une claque : le Mouvement Démocrate n’a pas réalisé le score espéré, loin s’en faut. Comme le dit bien François Bayrou, c’est un gadin… Nous n’avons que 6 députés élus, quand nous rêvions sans doute du double.

C’est une défaite, certes, dont nous tirerons des enseignements. Je crois, comme François Bayrou, que la défaite n’est pas déroute, et que nous avons des raisons d’espérer.

Le score de la liste Europe Ecologie empiète très probablement sur l’électorat un temps séduit par nos idées, mais il montre que nos concitoyens ont compris que l’Europe constitue l’échelle indispensable pour appréhender  l’avenir de la planète. C’est bon signe, même s’il est regrettable que nos convictions et notre programme, qui faisait lui aussi une large place, indispensable, aux questions environnementales, au développement durable, à la croissance verte, n’aient pas emporté la confiance des électeurs.

Nous avons 6 élus, et quels élus ! Notre tête de liste de la circonscription Ouest, Sylvie Goulard, est heureusement élue. Elle va, pendant cinq ans, porter nos idées et nos valeurs avec toute l’énergie et les compétences qu’elle a montrées pendant la campagne. Elle va tisser des liens uniques et précieux avec des personnalités de toute l’Europe, grâce notamment à sa maîtrise de trois langues étrangères, et elle saura porter des projets remarquables.

Ce blog se fera régulièrement l’écho de ce travail parlementaire, pour contribuer à ce que l’Europe devienne une évidence pour tous, et que dans cinq ans, on ne nous dise plus qu’on ne sait pas ce que font nos députés… La première session pleinière aura lieu du 14 au 16 juillet. L’UE plutôt que la fête nationale ?!!

Les détracteurs du Mouvement Démocrate veulent souvent effrayer les esprits en invoquant un mot qu’ils chargent d’une connotation dangereuse, le libéralisme.

Ce faisant, ils confondent volontairement libéralisme et néolibéralisme, et nous rangent dans le camp des ceux que Pierre Defraigne, dans son adresse aux jeunes citoyens européens, décrit comme “les tenants européens du néolibéralisme anglo-saxon [qui], au nom d’une conception très étroite de la compétitivité, ont cherché à utiliser l’UE pour démanteler les régulations et les solidarités nationales, y compris l’Etat-providence [et qui] ont en fait empêché que se reconstituent au niveau européen des régulations plus justes et plus efficaces que celles de nos Etats dépassés par la globalisation de l’économie”.

Le libéralisme, contre le néolibéralisme, prône la liberté d’entreprendre à l’intérieur de règles strictes et transparentes.

Il faut restaurer le sens du mot “libéral”. Lorsqu’en France, on va voir un médecin, le plus souvent c’est à un praticien libéral qu’on s’adresse. Et l’on sait, en entrant dans sa salle d’attente, combien va coûter la consultation, car la loi oblige le médecin à afficher ses tarifs, conventionnés en majorité. Or, qui a peur d’aller voir un médecin libéral ? Qui redoute d’avoir recours à un avocat, libéral aussi ? La liste des professions libérales serait trop longue à dresser, et elle ne fait pas peur.

N’ayons donc pas peur du libéralisme, qui fonctionne bien lorsqu’il édicte les règles de saine concurrence, lorsqu’il assume les nécessaires régulations et met en place les solidarités nécessaires au sein d’une société globalisée.

A ceux qui stigmatisent le libéralisme, et dévoient le sens de “libéral” dans l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe, le groupe politique auquel appartiennent les députés MoDem au Parlement européen, je dis de fuir les cabinets des médecins libéraux, trop dangereux !